LE JARDINIER
Par un doux matin ensoleillé
À peine réveillé
Commence sa journée à ratisser
Ratisser quoi ?
Une belle allée gravillonnée
D’un geste sûr, bien rodé
Après une rosée bien dissipée
Affichant ce regard à la peau basanée de toutes ces années, brûlée par un chaud soleil d’été
Il saisit son sécateur âprement affûté
Ébourgeonner ces rosiers parfumés
Md Louise Odier, M. Jacques Cartier, Mlle Sourire D’orchidée
Offrir à sa promise un bouquet
De ces églantiers protégés
Soudain, le mistral se réveille, prêt à tout, qu’il en déplaise
Ferlant ce menu rameau prenant ses aises
Où, Md la sauge Sclarée au abord de l’Ouvèze
Parade fièrement ses attributs tout près d’une falaise
Puis, au beau milieu d’un sentier empierré mourrant
Et au hasard du temps
Ces majestueuses graminées volent dans le vent
Portées d’une tramontane tourmentée à l’aube du levant
Matinée fraîchement remplie de ce passionné
C’est le moment tant attendu, se pourlèchant les babines d’avance, un pique-nique à l’ombre
D’un Azérolier
Ah bon ! pourquoi pas un beau Figuier ?
Non ! cela sera un mûrier ou un Micocoulier !
Il choisit un Érable de Montpellier
Bien installé, somnolent
Commence à savourer l’entrée, d’un geste lent
Se délecter de la chair savoureuse de ce poulet, pélardon cévenol succulent !
Onctueuse pêche ! perlant son jus sanguinolent
Précédant une sieste tant méritée, reposant son siège sur cette chaise !
À attendre que les cigales se taisent
Foutaise !
Et c’est déjà le moment de travailler au muret, fait de pierres et de glaise
Bon, où est ce muret ?
Ah, celui-là, celé sous un Pistachier
À la gomme prête à mastiquer
Classer ces pierres étalées
La toute petite dissimulée
La moyenne à rassembler
La plus grande assure la supériorité
Tailler, empiler, façonner sans ciment
Témoin d’une époque sans régiment
Tiens ! on lui offre le goûter, merci, dit-il, dans le remerciement
À croquer dedans de ces lèvres assoiffées et proche du balbutiement
Se rassasier auprès de cette pêche de vigne, toujours plus sucrée
Allez, debout ! c’est l’heure de désherber
À la fraîche, ces quelques herbes isolées, froissées
Puis, retourner une grelinette à la main, au manche lisse, sans accroc, cette terre mère nourricière du monde entier !
Et à la nuit tombée, sans crier gare
Un orage se prépare
Ces reinettes hilares !
S’attendent à une drôle de fanfare
Tant pis, ce brave jardinier arrosera ces plantes juvéniles et bienveillantes
Arrosoir d’un soir, aspergeant
Cet élixir, abreuver ces coquines dansantes, frémissantes
Au couchant bondissant
Et demain, tout étonné
Peut-être une nouvelle journée à râteler !
Ou à buissonner !
Bon, il faut se coucher, se préserver
Extasié du parfum de ces fleurs distillées, délivrées de ce Câprier
Chut……bonne nuit !
DSJ, le 12 mars 2008
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L’EAU
Héritage vivant !
Océan bienveillant
Aux rivages enivrants
Symbole de nos émotions d’avant
Mère nourricière de nos enfants
Chère à nos parents, grands-parents
Coule de nos terres arables
Dissimulée sous des montagnes de sables
Témoin de nos passages passables !
Dérivant sous ce terroir affable
En attente d’un choix ineffable
Pour le plus grand bonheur de ces forêts d’érables
Au simple bocage, alliance du passé, présent, témoin d’une activité favorable, admirable
L’eau est cette étincelle vivante, d’un passé houleux
Vérité d’un bien précieux
En vertu d’une paix salvatrice sous le regard bienfaisant de dieu
À attendre patiemment, sagement, qu’elle désaltère tous ces malheureux
Empreinte de notre histoire aux temps audacieux
Vestiges troublants, incarnant des combats, vastes bastions de ces valeureux
Sans frontière, l’eau appartient à la nation entière, au monde entier !
Affluent de l’amour, de la lumière, éclairant ce muletier
Confluent tourbillonnant, tournoyant, virevoltant au fin fond de ces terres africaines,
Désert nubien, oasis de verdure où se côtoient baguenaudier, dattier, cocotier
Et où vient s’y abreuver cette vie tant méritée
Le masaï part à la construction d’un puisetier
Protégeant cet or bleu des bénitiers
Oui, l’eau reflète notre quête !
Les insectes s’en délectent
Le flambé, le machaon volète
Cétoines, doryphores, cloportes, millepattes, jardiniers de l’ombre, tous déchiquètent
La mouche s’entête
La fourmie déloge à tue tête !
L’ivraie se plaît à faire la fête
Au beau milieu d’une olivette
Le pistachier de Crête sécrète une sève qui entête
Alors que le roi de la savane est à la sieste
L’antilope reste discrète
Le perroquet répète
Le singe rouspète !
Vaste conquête de ce microcosme aux milles facettes
Bien fragile équilibre de notre planète
Hélas, double visage à la triste réalité de ce vaste empire
La banquise transpire !
Le vent aspire !
Les mers, lacs, rivières, soupirent !
Ne laissant que de vastes rides et pleurer cette conspire
Au chant de la désolation pour le meilleur et le pire
Cette sève de jouvence est à protéger dans la joie !
Ne pas la gaspiller chez soi !
Évitons le plein-emploi !
Quelle folle félonie que de vouloir s’accaparer ce bien !
En vertu de quoi ?
Au non de quoi ?
Pourquoi ?
Laissons décider à Mammon, dieu des richesses le bon choix
Nous portons tous en nous ses vertus bien au-delà de la foi !
Pensons à nos enfants, prenant le flambeau des rois !
DSJ, le 7 décembre 2008
LE SOL
Transmis de nos grands-pères, arrières grands-pères
Fervents cultivateurs et défenseurs de cette force vivrière !
Portant bandoulières
Ils combattirent sans colère
Le sol est notre intestin de la terre
Nourrissant vaste bocagère
Folle jachère
Odorante lavandière
Élégante bruyère
Brûlante garrigue princière !
Futaie bien en chair !
Au passé des plus prospères
Plantureuse tourbière !
Des franges forestières
S’amoncellent pas à pas délicates et appétissantes litières
Peuplées de ces fantassins, artisans de l’ombre et de la lumière
Empressés à transformer douces et précieuses matières
En poussières nourricières !
Que d’âmes ouvrières !
Petits et grands délibèrent !
Emportés, voyageant sur cette fluette embarcadère
Oeuvrant dans un respect oh combien des plus sincères !
Cherchant refuge, réchauffés, protégés, bien à l’abri en cette vénérable et vulnérable truffière
Florissante chaumière !
Mais alors, que font nos braves congénères ?
Qui sont-ils ces horticulteurs orfèvres ?
Questions bien cavalières et des plus aventurières
Ce terroir recèle de biens riches fourmilières
Grasses champignonnières
À transmuer branchettes et feuilles en un délicieux terreau, compost que je vénère !
Et dont en sont friands ces audacieux compères
Mais encore, tous s’affèrent !
Le ver de terre enterre cet or vert
Déménage, ameublit, assouplit et aère !
Le coléoptère quant à lui coopère
Dilacérant ardemment en avant-première
Le champignon dissémine, achemine, véhicule et libère !
Combinaison bien écolière
Tel un grand frère aimant, soulageant ces essences florifères !
Le protozoaire ingère et digère
La bactérie participe elle aussi à ce séminaire !
Et sans oublier les anonymes fondant cette matelassière
À leur manière !
Humus embellissant dans le plus grand des secrets cette flore saisonnière
Pour le plus grand bonheur des jardiniers et des jardinières
Dorlotant ainsi de verdoyants parterres
Richement colorés de Lavatères
Embrassant l’allée du levant en bordure de lisière
Sous le regard amusé de cet authentique Buplèvre
Et à la nuit tombée, tous ces convives inlassablement s’attèlent à cette quête coutumière !
DSJ, le 30 janvier 2009
MURETTES D’AUTREFOIS
Je m’éprends parfois
À m’asseoir
Contempler à haute voix
Ces chefs d’œuvres des rois
Vaillants conservateurs d’un terroir
Mais que c’est beau !
Non loin de ce hameau
J’aperçois en lisière d’un cours d’eau
Une belle restanque retenant terre et terreau
Où s’y développent joyeusement tant et tant de légumes, juteuses tomates, haricots, melons, oignons, poireaux
Et puis, sous l’ombre d’un sureau
J’imagine tant de travaux
Où morceau par morceau
Pierre par pierre soulevée en costaud
Ces braves taillèrent, empilèrent, façonnèrent pour recommencer à nouveau
Des lendemains bien chauds
Confortablement protégé d’un galurin servant de chapeau
Ils préparent en secret la construction d’une capitelle, nichée à l’orée d’un sous-bois
À engranger fourche et échenilloir
Mais il est temps maintenant de leur dire bonsoir
Car des aurores à émouvoir
Ils vont œuvrer jusqu’au soir
DSJ , le 29 juillet 2009
PLUIES DES SAISONS
Le ciel pleure
À essaimer ces larmes de cœur
Déversant de ces paupières
Tantôt douceur, parfois fureur
Pluie d’automne
Souffle qui bourdonne !
Et l’orage carillonne
Transformant de simples oueds desséchés, en rivière sauvageonne !
En remous qui impressionnent !
Torturant, malmenant ces campagnes que j’affectionne
Hiver légendaire
Paysage endormis sous un froid polaire !
Crachin salutaire
Mais pas toujours populaire
D’une importance nécessaire !
À emplir lentement nos réserves en eau parfois déficitaires
Tendresse de printemps
Si légère dans le vent
Et à l’écart du temps
Où depuis si longtemps
Ces essences s’impatientent
Elles attendent ce brave révérend !
À les réchauffer doucement
Et en cette fin d’été
Une passagère ondée
Tambourine ces sols crevassés !
Prisonniers entre deux collines assoiffées !
Annonçant dans la gaieté
Un renouveau tant espéré
Pour le plus grand bonheur de ces déités
DSJ, le 13 février 2009
